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← Journal/Agronomie·16 mai 2026·3 min de lecture

Strain hunter : le métier méconnu du chasseur de variétés

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Un strain hunter, littéralement « chasseur de variétés », est une personne qui voyage à la recherche de populations locales de cannabis cultivées depuis des générations, pour documenter et préserver une diversité génétique menacée par des décennies d'hybridation commerciale.

Strain hunter : le métier méconnu du chasseur de variétés

Un métier né dans les années 2000

Le terme s'est popularisé au tournant des années 2010, notamment grâce à une série documentaire produite par un semencier néerlandais, qui suivait des expéditions à travers l'Afrique, l'Amérique du Sud et l'Asie pour retrouver des variétés dites « landraces », adaptées depuis longtemps à leur climat local. Ces expéditions filmées ont fait connaître au grand public un travail auparavant discret, mené par des botanistes amateurs et des sélectionneurs passionnés.

Pourquoi ces variétés locales comptent

Une variété landrace a évolué sur plusieurs générations dans un environnement précis, sans croisement avec des lignées commerciales. Elle conserve donc un patrimoine génétique original, parfois disparu ailleurs à cause de l'hybridation intensive pratiquée pour produire des variétés commerciales stables et à haut rendement. Ce patrimoine intéresse aujourd'hui les semenciers autant pour sa valeur botanique que pour la stabilité génétique qu'il peut apporter aux futures sélections, y compris pour le chanvre industriel à faible THC.

Un travail de terrain avant tout

Le quotidien d'un chasseur de variétés tient davantage du travail agronomique que de l'aventure romancée : négociation avec les cultivateurs locaux, documentation précise des conditions de culture, prélèvement de graines dans le respect des réglementations locales et internationales sur le transport de semences. La logistique reste le principal obstacle : de nombreux pays interdisent strictement l'exportation de graines de cannabis, ce qui limite fortement les possibilités légales de ce type d'expédition.

Le lien avec le chanvre CBD cultivé en France

Le chanvre cultivé en France pour le CBD bien-être ne provient pas de variétés landraces importées, mais de lignées inscrites au catalogue officiel européen, sélectionnées pour un chémotype stable et un taux de THC contrôlé, conformément à la décision du Conseil d'État du 29 décembre 2022. Le travail des chasseurs de variétés reste néanmoins une source indirecte de diversité génétique pour les programmes de sélection à long terme, y compris dans les filières de chanvre bien-être. Notre article sur indica et sativa revient sur les origines botaniques de ces classifications historiques.

Un métier resté marginal

Contrairement à l'image d'aventure qu'en donnent certains documentaires, ce métier reste marginal et pratiqué par un petit nombre de spécialistes, souvent liés à des semenciers ou à des instituts de recherche agronomique. Il ne constitue pas une filière commerciale reconnue en France, où la culture du chanvre reste réservée aux exploitants déclarés utilisant des semences certifiées.

Questions fréquentes

Généralement non. La plupart des pays encadrent strictement l'exportation de semences de cannabis, et la France impose l'usage de variétés certifiées inscrites au catalogue officiel pour toute culture légale.

Pas directement. Le chanvre cultivé en France repose sur des lignées inscrites au catalogue officiel, mais ces lignées peuvent, en amont, intégrer des apports génétiques issus de programmes de sélection ayant travaillé sur des variétés locales.

Oui, sous une forme plus discrète et institutionnelle, souvent liée à des instituts agronomiques ou des banques de graines, plutôt qu'aux expéditions médiatisées des années 2010.

La landrace a évolué naturellement dans un environnement précis sans croisement extérieur, tandis que la variété commerciale est issue d'une sélection dirigée pour un objectif de rendement ou de stabilité génétique.


Rédigé par l'équipe Phytogrammes

Chaque article du journal s'appuie sur des sources primaires (ANSM, EFSA, EUR-Lex, publications à comité de lecture) et sur la pratique du laboratoire : analyses HPLC lot par lot, profils cannabinoïdes mesurés. Notre démarche.

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