Aller au contenu

← Journal/Bien-être·18 mai 2026·4 min de lecture

Gommes au reishi, ashwagandha et rhodiola : ce qu'il faut savoir

Par ·

Le reishi, l'ashwagandha et la rhodiola sont trois plantes adaptogènes vendues en France comme compléments alimentaires, sans aucune allégation thérapeutique autorisée. L'ANSES encadre leur usage et a émis des mises en garde spécifiques, notamment sur l'ashwagandha et le risque d'effets hépatiques.

Gommes au reishi, ashwagandha et rhodiola : ce qu'il faut savoir

La famille des plantes « adaptogènes »

Le terme adaptogène a été formalisé par des pharmacologues soviétiques dans les années 1950 pour désigner des substances censées aider l'organisme à mieux résister au stress. Ce concept reste débattu scientifiquement et n'est pas reconnu par les autorités sanitaires européennes comme un mécanisme thérapeutique validé. Trois plantes reviennent souvent dans les compléments « stress support » : le reishi (Ganoderma lucidum), un champignon utilisé en pharmacopée chinoise ; l'ashwagandha (Withania somnifera), arbuste indien de l'Ayurveda ; la rhodiola (Rhodiola rosea), plante des régions arctiques.

Cadre réglementaire français

Les compléments alimentaires à base de plantes relèvent du décret n° 2006-352 transposant la directive 2002/46/CE. L'ANSES, dans son avis 2022-SA-0085 sur l'ashwagandha, a recensé des signalements d'effets indésirables, notamment hépatiques, et recommandé une vigilance sur la qualité des préparations et l'identification des populations à risque. Aucune allégation de santé au sens du règlement CE 1924/2006 n'est autorisée pour ces plantes : le vocabulaire commercial reste celui de la composition, jamais de la promesse d'effet.

Ce que la recherche a exploré pour chaque plante

Le reishi contient des triterpènes, polysaccharides et bêta-glucanes. Une revue exploratoire publiée en 2022 a recensé des résultats préliminaires sur la fatigue chez certaines populations cliniques, sans atteindre un niveau de preuve suffisant pour une recommandation médicale. Les dosages courants en complément vont de 200 à 500 mg d'extrait par jour.

L'ashwagandha est la plante la plus étudiée du trio : plusieurs essais cliniques, dont Lopresti et al. (2019, Medicine), ont examiné son effet sur des marqueurs de stress à des dosages de 240 à 600 mg d'extrait standardisé par jour. L'ANSES a appelé à la prudence en raison de risques d'interactions médicamenteuses et d'effets indésirables hépatiques signalés.

Les racines de rhodiola contiennent des salidrosides et rosavines. Plusieurs études exploratoires se sont penchées sur son rôle dans la fatigue cognitive, avec des dosages courants de 170 à 600 mg d'extrait par jour, sur des essais cliniques de qualité méthodologique globalement moyenne.

Critères de qualité et précautions

Un complément sérieux précise la partie utilisée (le sporophore du reishi est plus concentré en triterpènes que le mycélium cultivé), un titrage standardisé, un certificat d'analyse indépendant et une origine traçable. Trois précautions valent pour les trois plantes : elles sont déconseillées pendant la grossesse et l'allaitement, nécessitent de vérifier l'absence d'interaction avec des traitements en cours (anticoagulants, sédatifs, immunosuppresseurs, hormones thyroïdiennes), et supposent d'éviter le cumul de plusieurs sources du même extrait.

CBD et adaptogènes : deux cadres distincts

Certaines marques associent CBD et adaptogènes dans un même produit. Le CBD relève d'un régime spécifique fixé par la décision du Conseil d'État du 29 décembre 2022, et depuis le 15 mai 2026, les produits alimentaires au CBD sans autorisation Novel Food sont retirés du marché français. Notre article sur le CBD et le stress occasionnel détaille ce cadre spécifique.

Le CBD n'est pas un médicament. En cas d'anxiété persistante, consultez un professionnel de santé.

Questions fréquentes

Non. Ce sont des compléments alimentaires vendus en libre service, sans prise en charge par l'Assurance maladie.

Pas sans avis médical. Plusieurs interactions sont décrites avec les sérotoninergiques et les sédatifs. La consultation du médecin ou du pharmacien est indispensable avant toute association.

Aucune allégation d'effet n'est juridiquement permise. Les utilisateurs réguliers décrivent souvent un ressenti après deux à six semaines de consommation continue, dans une démarche de bien-être personnel.

Les dosages indiqués sur l'emballage doivent être respectés. L'ANSES recommande de ne pas cumuler plusieurs sources d'un même extrait, comme des gommes et des gélules, au risque de dépasser les seuils étudiés.


Rédigé par l'équipe Phytogrammes

Chaque article du journal s'appuie sur des sources primaires (ANSM, EFSA, EUR-Lex, publications à comité de lecture) et sur la pratique du laboratoire : analyses HPLC lot par lot, profils cannabinoïdes mesurés. Notre démarche.

Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.

Les produits Phytogrammes qui s’accordent