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← Journal/Bien-être·18 mai 2026·3 min de lecture

Passiflore, CBD et formulations « repos » : le cadre français

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La passiflore est autorisée comme ingrédient de complément alimentaire en France, mais aucune allégation de santé n'est validée pour elle par l'EFSA. Le CBD qui l'accompagne parfois dans les formulations « repos » est, lui, sorti du marché ingéré depuis le 15 mai 2026, faute d'autorisation Novel Food.

Passiflore, CBD et formulations « repos » : le cadre français

Une plante d'usage traditionnel encadrée par la loi

La passiflore officinale (Passiflora incarnata L.) figure dans l'arrêté du 24 juin 2014 qui liste les plantes autorisées en complément alimentaire en France. Sa composition associe flavonoïdes, alcaloïdes harmaniques en faible quantité et précurseurs du GABA. La pharmacopée européenne reconnaît plusieurs formes : extrait sec, teinture, parties aériennes séchées.

L'EMA reconnaît un usage traditionnel, pas l'EFSA

L'Agence européenne des médicaments (EMA), via son comité HMPC, a publié une monographie sur *Passiflora incarnata* reconnaissant un usage traditionnel pour les symptômes légers de stress et le sommeil. Ce statut ne concerne que les médicaments à base de plantes enregistrés en pharmacie. Côté complément alimentaire, aucune allégation de santé n'est inscrite au registre du règlement (CE) n° 1924/2006 : une marque ne peut donc pas écrire « pour le sommeil » ni « anxiolytique naturel » sur son étiquette.

La mélatonine reste la seule allégation sommeil validée

Pour un complément du soir, la mélatonine est l'unique ingrédient disposant d'une allégation sommeil reconnue par l'EFSA, au titre du règlement (UE) n° 432/2012 : elle « contribue à réduire le temps d'endormissement » à partir d'1 mg par prise avant le coucher. C'est pourquoi la plupart des formulations « repos » conformes en France associent mélatonine et passiflore, cette dernière restant présente sans revendication propre.

Le CBD : un double obstacle depuis 2026

Pour une gomme « repos » combinant passiflore et CBD, deux verrous s'appliquent désormais. D'abord, le statut Novel Food du CBD : depuis le 15 mai 2026, la Direction générale de l'alimentation retire du marché les produits ingérés sans validation européenne au titre du règlement (UE) 2015/2283. Ensuite, la dose journalière provisoirement sûre fixée par l'EFSA le 9 février 2026 : environ 0,0275 mg/kg/jour, soit près de 2 mg pour un adulte de 70 kg, un seuil largement inférieur aux dosages commerciaux habituels. Pour comprendre ce changement en détail, notre article sur les gommes au CBD revient sur les conséquences concrètes du retrait.

L'hygiène de sommeil reste la base recommandée

L'Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) et la Haute Autorité de Santé recommandent en première intention des mesures d'hygiène : horaires réguliers, écrans limités le soir, chambre fraîche et sombre, activité physique en journée, excitants évités après 14 h. En cas d'insomnie installée, la thérapie cognitivo-comportementale (TCC-I) reste le traitement de référence, avant tout complément alimentaire.

Le CBD n'est pas un médicament. En cas d'insomnie persistante, consultez un professionnel de santé.

Questions fréquentes

Non. Aucune autorisation de mise sur le marché ne le lui reconnaît en France. L'arrêté plantes l'autorise comme ingrédient alimentaire, sans possibilité d'allégation thérapeutique.

Pas pour la partie CBD ingérée. Depuis le 15 mai 2026, ces produits sont retirés du marché faute d'autorisation Novel Food. Les compléments à la passiflore seule restent autorisés, sans mention sommeil.

Pour les formulations à la mélatonine, la prise est conseillée environ 30 minutes avant le coucher. La mélatonine peut provoquer une somnolence : évitez de conduire après la prise.

La HAS recommande en première intention la thérapie cognitivo-comportementale de l'insomnie, accessible auprès d'un psychologue ou d'un médecin formé, avant tout recours médicamenteux.


Rédigé par l'équipe Phytogrammes

Chaque article du journal s'appuie sur des sources primaires (ANSM, EFSA, EUR-Lex, publications à comité de lecture) et sur la pratique du laboratoire : analyses HPLC lot par lot, profils cannabinoïdes mesurés. Notre démarche.

Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.

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