← Journal/Bien-être·18 mai 2026·4 min de lecture
Crinière de lion et CBD : ce que les allégations permettent vraiment
Par L’équipe Phytogrammes ·
La crinière de lion (Hericium erinaceus) est admise en complément alimentaire en France, mais aucune allégation cognitive ne peut légalement lui être associée, ni au CBD. Le statut Novel Food, le registre européen des allégations et les contrôles DGCCRF dessinent un cadre précis, souvent ignoré des formulations « focus » vendues à l'étranger.

Un champignon à cheval entre pharmacopée et Novel Food
L'Hericium erinaceus est un basidiomycète comestible utilisé depuis des siècles en médecine traditionnelle chinoise, et consommé comme aliment au Japon, en Corée et en Chine. Sa consommation classique, sous forme de corps fructifère entier ou en poudre, n'entre pas dans le périmètre Novel Food : elle était déjà répandue en Europe avant le 15 mai 1997, date pivot du règlement. En revanche, les extraits concentrés obtenus par extraction hydro-alcoolique ou fractionnement peuvent relever du Novel Food selon la concentration et le procédé utilisés, la Commission européenne traitant ces dossiers au cas par cas via son catalogue de statut.
Ce que le registre des allégations autorise vraiment
Le registre européen des allégations de santé, constitué au titre du règlement CE n° 1924/2006, ne reconnaît une allégation sur la fonction cognitive que pour le zinc, l'iode, le fer, l'acide pantothénique (vitamine B5) et la vitamine B1. Ni la crinière de lion, ni le reishi, ni le cordyceps, ni le CBD n'y figurent. Une marque qui emploie les termes « focus », « concentration » ou « performance intellectuelle » pour ces ingrédients s'expose à une requalification en allégation de santé non autorisée par les autorités françaises.
Le double obstacle du CBD ingéré en 2026
Pour une gomme associant crinière de lion et CBD, la contrainte réglementaire se double depuis le 15 mai 2026 : la DGAL retire du marché français les produits CBD ingérés sans autorisation Novel Food au titre du règlement (UE) 2015/2283, et la dose journalière provisoirement sûre fixée par l'EFSA reste d'environ 2 mg par jour pour un adulte de 70 kg, un seuil qu'une gomme dosée à 10 mg dépasse largement. Une formulation associant les deux ingrédients est donc, pour sa partie cannabinoïde, en marge du cadre français.
L'arrêté plantes et ce qui reste dicible
L'arrêté du 24 juin 2014, dit « arrêté plantes », liste les plantes admises en complément alimentaire en France, dont Hericium erinaceus. Une marque française peut donc commercialiser un complément à la crinière de lion seule, à condition d'exclure toute allégation cognitive et de vérifier, pour les extraits concentrés, le statut Novel Food au cas par cas. Les formulations légitimes restent factuelles : description botanique, composition exacte par dose, mention des nutriments associés à leurs allégations validées.
La vigilance réglementaire : DGCCRF et nutrivigilance
Les contrôles 2024 de la DGCCRF ont relevé un taux d'infraction d'environ 15 % sur la filière CBD, un chiffre qui illustre l'écart persistant entre le marketing observé en boutique et le cadre légal. En parallèle, la nutrivigilance de l'ANSES recueille les signalements d'effets indésirables liés aux compléments alimentaires. En cas de réaction digestive, cutanée ou neurologique après la prise d'un complément à la crinière de lion, seul ou associé au CBD, signalez-le via le portail ANSES et cessez l'usage.
Questions fréquentes
Les études cliniques disponibles utilisent généralement 500 à 3 000 mg par jour, sur des durées de quelques semaines à plusieurs mois, avec des conclusions méthodologiques prudentes.
L'interaction avec des médicaments n'a pas fait l'objet d'une évaluation systématique. Toute supplémentation prolongée doit être discutée avec un médecin, en particulier sous traitement anticoagulant ou neurologique.
La poudre correspond au corps fructifère séché et broyé. L'extrait concentre les composés actifs par solvant. La teinture est un extrait hydro-alcoolique liquide, le plus susceptible d'entrer dans le périmètre Novel Food.
Arrêtez la prise et signalez l'effet indésirable via le portail de nutrivigilance de l'ANSES. Consultez un médecin si les symptômes persistent ou s'aggravent.
Le CBD n'est pas un médicament. En cas de troubles cognitifs persistants, consultez un professionnel de santé. Pour explorer notre sélection bien-être, [consultez notre catalogue](/categories/produits-formats).
Sources
Rédigé par l'équipe Phytogrammes
Chaque article du journal s'appuie sur des sources primaires (ANSM, EFSA, EUR-Lex, publications à comité de lecture) et sur la pratique du laboratoire : analyses HPLC lot par lot, profils cannabinoïdes mesurés. Notre démarche.
Article publié le . Le CBD n’est pas un médicament.
Les produits Phytogrammes qui s’accordent
Pour aller plus loin

wellness·18 mai 2026
La dette de sommeil en France : chiffres et points chauds 2026
Combien d'heures dorment vraiment les Français, où l'on dort le moins et pourquoi : un point chiffré avec les données INSV et Santé publique France.

wellness·18 mai 2026
Dormir avec une cervicalgie : oreiller, posture, rituel du soir
Deux tiers des adultes connaîtront une cervicalgie au cours de leur vie. Voici les ajustements d'oreiller, de posture et de routine du soir qui aident à mieux dormir.

wellness·18 mai 2026
Dormir avec mal de dos : positions et conseils utiles
Causes courantes des lombalgies, postures de sommeil validées par la SFETD, et place possible des cosmétiques au CBD dans le rituel du soir.



